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Contrat de ville : « le tonneau des danaïdes »

Guillaume Vouzellaud

Intervention de Guillaume Vouzellaud sur le contrat de ville lors du conseil municipal de Lunel du jeudi 15 octobre 2015

Monsieur le Maire,

Comme mes collègues, je n’ai pas reçu le contrat de ville à proprement parler sur lequel vous nous demandez de nous prononcer. S’il est consultable en mairie aux heures ouvrables, je vous rappelle que nous travaillons pendant ces mêmes heures. Dans la délibération, nous n’avons qu’une liste de vœux pieux et une liste de signataires. En revanche, nous ne connaissons ni les montants ni les caractéristiques de ce contrat.

Or, les nouveaux contrats de ville n’ont de nouveaux que le nom, car, en réalité, ils s’appuient sur les mêmes poncifs qui ont présidé à la mise en œuvre de la « politique de la ville » depuis près de 40 ans : lutter contre les inégalités territoriales, favoriser la mixité sociale, assurer la paix et la sécurité des territoires. Le 5 février dernier, un article du Monde soulignait l’échec de quarante années de Politique de la Ville et reconnaissait une augmentation du chômage comme de la pauvreté sur ces mêmes zones.

S’il est bien une action publique qui s’apparente au tonneau des Danaïdes, c’est bien celle de la politique de la ville, qui, sous la gauche comme sous la droite, se caractérise par un gaspillage d’argent public doublé d’une multitude d’intervenants et de couches successives de dispositifs, pour obtenir in fine une absence de résultats, au regard notamment d’une délinquance qui gangrène chaque année un peu plus les cités et les villes dites « sensibles ».

Une litanie d’acronymes témoigne de cette impuissance des pouvoirs publics à enrayer le délitement de la République dans des zones, souvent de non-droit, où la manne de l’Etat se montre toujours plus généreuse au fur et à mesure que s’accroissent les trafics en tout genre, la délinquance et les communautarismes : HVS, ZEP, DSQ, GPU, ZUS, ZRU, ZFU, GPV, ORU, CUCS, QP, ZSP, ANRU, PNRU 1, PNRU 2…

Autant de barbarismes qui jalonnent l’histoire de cette fuite en avant orchestrée par les majorités successives UMPS, dont l’échec prévisible revêt aux yeux de nos élites une moindre importance par rapport à la bonne conscience que leur autorise une soumission rassurante à la pensée unique.

La politique de l’autruche est confortable, mais elle ne peut masquer la réalité.

Qui peut nier que ce qu’on a appelé la crise des banlieues est quasi-concomitante avec la politique migratoire délétère menée par le couple infernal Giscard-Chirac, dont le regroupement familial est le plus emblématique, politique migratoire qui n’a fait que s’amplifier depuis les années 70 ?

Qui peut nier que malgré les fortunes investies dans les politiques de la ville – plus de 100 milliards d’euros au cours du dernier quart de siècle, soit environ deux années de recettes perçues par l’Etat au titre de l’impôt sur le revenu – ces quartiers sont toujours autant frappés par le chômage et par l’insécurité avec son lot de violences presque devenues ordinaires : trafic de drogue au grand jour, braquages, sanglants règlements de comptes ?

Qui peut nier que la politique de la ville consiste aussi dans l’esprit des élus UMPS à confier la paix sociale de ces quartiers à des intermédiaires peu recommandables qui s’autoproclament professeurs de vertu, avec de nombreuses subventions à la clé ?

Qui enfin peut nier l’absence délibérée d’outils d’évaluation, qui traduit une volonté politique de cacher le puits sans fond du gaspillage de l’argent public ? Une absence qu’a relevé avec lucidité la Cour des Comptes qui considère que pour évaluer une politique, il est nécessaire d’avoir « défini des objectifs et s’être donné les moyens de mesurer s’ils sont atteints », « aucune de ces deux conditions n’est actuellement remplie concernant la politique de la ville », a-t-elle conclu.

Les nouveaux contrats de ville qui nous sont proposés, participent de la même mascarade.

Deux nouveautés néanmoins voient le jour : le pilotage par les intercommunalités et les « conseils citoyens ».

Ce pilotage est absent de ce contrat. Quant aux « Conseil citoyens », cela n’aura d’autre conséquence que celle de placer les politiques publiques sous la surveillance, voire le contrôle, de lobbies et de groupes de pressions de toute sorte, en particulier communautaristes, sans aucune légitimité démocratique.

Cela conviendra, sans doute, à certains élus, prompts à diluer leur responsabilité.

Le Front national s’opposera à ce que le contribuable soit une nouvelle fois pris en otage de cette démagogie lâche et de cette gabegie sans fin, à un moment où l’Etat peine à remplir ses missions essentielles et décide de mettre les élus locaux à la diète, conformément au sillon tracé par Nicolas Sarkozy, sillon dans lequel s’est engouffré François Hollande et qu’il continue à creuser.

Auteur : Avec Julia Plane, Lunel fait front 2014

Candidate et tête de liste Front National (FN) et Rassemblement Bleu Marine (RBM) pour les prochaines élections municipales en 2014 à Lunel.

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